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Et si on créait un congé « temps de trajet responsable » ?

Si t’as déjà été déchiré·e entre partir en week-end en train et le peu de temps que ça te laissait sur place tape dans tes mains 👏👏👏

Ouais, les vacances et le voyage c’est cool. Mais parfois gros dilemme entre :

  • Se tourner vers l’avion pour avoir du temps sur place, mais polluer (et culpabiliser)
  • Se tourner vers le train (ou le vélo, ou le stop) et avoir la conscience écolo tranquille… mais moins de temps sur place
poll bubble
QUIZ
Le train pollue…
  • 2 fois moins que l’avion
  • 8 fois moins que l’avion
  • 14 fois moins que l’avion

Comment résoudre ce dilemme ? Eh bien pourquoi pas avec un congé « temps de trajet responsable » (ou TTR de son ptit nom) ? C’est ce qu’a mis en place Ubiq (une entreprise qui en accompagne d’autres pour leur trouver des bureaux), qui est la première en France à se lancer !

Congé « temps de trajet responsable » : c’est quoi ?

Des journées de congé supplémentaires

Un congé temps de trajet responsable, c’est un congé qui permet à des salarié·es de poser une journée supplémentaire pour voyager jusqu’à leur destination avec des modes de transport plus écolo 🚄

Chez Ubiq, concrètement, ça consiste à donner 2 jours par collaborateur·ice par an « qu’il faut poser comme d’autres types de congés en passant par le logiciel RH » explique Margaux Beaunez, directrice communication et marketing de l’entreprise.

Les seules conditions : fournir un justificatif du trajet, qui doit durer plus de 6h (on peut aussi diviser les journées, et avoir par exemple 4 demi-journées de congé TTR au lieu de 2 jours complets, hop là ça fait 2 week-end prolongés au lieu d’un 😌).

Un congé ou un jour « à moitié travaillé » ?

Il y a quand même une petite subtilité sur le mot congé, puisqu’en réalité, une journée TTR chez Ubiq, c’est une journée « semi-off » comme la décrit Margaux Beaunez :

« Il n’y a pas d’obligation de travailler. Si la connexion internet est mauvaise ou qu’on n’a pas de prise par exemple, pas de souci ! Mais si on peut, il est suggéré d’en profiter pour accomplir des tâches repoussées habituellement, comme lire une étude ou réfléchir à un sujet de fond. Concrètement, sur 7h de trajet, je vais travailler quand je peux mais peut-être qu’à un moment je vais faire une sieste, regarder une série, me reposer, etc. »

Mais du coup… On peut prendre un TTR pour voyager en stop ou en vélo par exemple ?

« Il n’y a pas de règle » répond Margaux Beaunez. « Si je pose mon TTR pour dire “je vais en Normandie à vélo ce week-end”, ce sera validé. Mais c’est vrai que dans l’idée c’est plutôt train ou covoiturage. »

Le congé « temps de trajet responsable »… en pratique

Chez Ubiq, ce congé a déjà été utilisé par 3 salarié·es depuis janvier : « Il y a Dimitri qui a fait un Paris-Vienne, Chloé qui a fait Paris-Rhodez, et Paul qui revient de Milan. » Tous·tes ont utilisé le train pour se rendre à destination, et tous·tes ont des retours positifs sur l’expérience 🙌

Le coût du dispositif est estimé entre 600 et 700 euros par salarié et par an.

Ce congé temps de trajet responsable pourrait-il se démocratiser ?

Servir de modèles à d’autres entreprises

Margaux Beaunez espère donc bien inspirer d’autres entreprises à agir : « Si tout le monde faisait ça, ça permettrait d’avoir un réel impact à terme. »

Ubiq souhaiterait même toucher des ministères, pour espérer (pourquoi) pas un dispositif à l’échelle nationale. « Ce serait un rêve de se dire qu’à notre petite échelle on lance une telle initiative. Parce que c’est complètement faisable, c’est juste qu’il faut se mettre autour d’une table et le lancer. » 🌱

Se détacher du modèle proche du télétravail ?

Mais ce modèle de journée « semi-off » pose quand même des questions côté généralisation du concept : pas facile pour un·e serveur·euse ou un·e manutentionnaire de travailler depuis un train 😬

Finalement le modèle de congé TTR d’Ubiq est relativement proche de certaines formes de télétravail, « le stress en moins » d’après Margaux Beaunez.

Le coût pourrait donc être plus élevé que les 600 à 700 euros par salarié et par an si le mot « congé » était pris au pied de la lettre, ce qui permettrait à tous les types de travailleur·euses de pouvoir en bénéficier. Margaux Beaunez veut y croire :

« Nous on est les premièr·es à faire ça en France, mais il y a probablement des choses à améliorer, chacun·e peut tenter de l’adapter à son contexte ! »

En théorie, c’est vrai que les entreprises pourraient y gagner en matière d’impact environnemental, et de bien-être et productivité de leurs salarié·es ! C’est d’ailleurs ce que défend aussi l’initiative Climate Perks lancée au Royaume-Uni pour promouvoir ce type de pratiques. Elle réunit aujourd’hui 70 employeur·euses : à quand un développement plus large ?

Ta réaction

T’en penserais quoi d'avoir ce genre de congé dans ton entreprise ?
Le train c'est vraiment plus cher que l'avion ?

Interview de Margaux Beaunez, directrice marketing & communication chez Ubiq
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ADEME - Quels transports pour nos envies d’ailleurs ?
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Esther Meunier
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