Accueil
3 min

Joan et Clare, 21 et 23 ans : « Le changement climatique nuit plus aux filles. »

Tu savais que le changement climatique impacte plus les femmes ? Joan Namaggwa et Clare Nassanga, deux activistes ougandaises, te racontent comment elles se sont engagées à la fois pour le climat et les droits des femmes !

Nous sommes Joan Namaggwa et Clare Nassanga, deux sœurs de 21 et 23 ans, activistes pour les droits des femmes et des filles ainsi que pour le climat. Nous sommes de Kitintale, un quartier de Kampala en Ouganda, où nous faisons partie du mouvement Rise Up (fondé par Vanessa Nakate). Joan étudie le design et l’art industriel, et Clare la médecine vétérinaire à l’université de Makerere.

Pendant le premier confinement dû au Covid-19, notre tante, enceinte, a subi des violences conjugales terribles. Ça nous a fait réaliser que ça pouvait arriver à tant de femmes, dans toutes les sociétés. Ça nous a fait réfléchir à ce qu’on pouvait faire pour changer ça, et c’est comme ça que nous sommes devenues des activistes pour les droits des femmes et des filles. On a décidé de se lancer ensemble, parce que nous avions la même envie de créer un monde meilleur pour elles.

Plus tard, on a découvert que le changement climatique les affecte disproportionnellement aussi. On vit dans une société patriarcale, où elles font déjà face à de nombreuses injustices, sont discriminées et marginalisées…

Lorsqu’une crise frappe, comme le changement climatique, les femmes et les filles sont encore les plus affectées.

Cette interconnection a fait de nous non seulement des activistes pour les droits des femmes et des filles, mais aussi des activistes pour le climat.

Par exemple, pour la Journée internationale des droits des filles, nous avons rencontré de nombreuses personnes dans les parties les plus isolées de Kitintale, à Kampala. Nous les avons sensibilisées à propos de leurs droits, mais aussi sur la manière dont elles sont plus affectées par le changement climatique. On leur a expliqué que :

  • Les femmes et les filles sont souvent chargées d’aller chercher de l’eau ou du bois pour le feu, et lorsque des désastres écologiques se produisent, comme des sécheresses ou des inondations qui vont devenir de plus en plus régulières, ces tâches prennent plus de temps et deviennent aussi plus difficiles et dangereuses. Ça peut empêcher les femmes et les filles de poursuivre leur scolarité ou d’autres activités, et ça augmente aussi le risque qu’elles subissent des violences.
smiley
Pour partager ton témoignage : fais-nous signe ici (oublie pas tes coordonnées)
  • Les femmes et les filles sont aussi souvent celles qui s’occupent des enfants, ou d’autres membres de leur famille, et elles peuvent être particulièrement vulnérables aux impacts sur la santé du changement climatique. Par exemple, elles peuvent être plus à risque de contracter des maladies d’origine hydrique à cause de la contamination des sources d’eau, ou de souffrir de malnutrition si les récoltes sont mauvaises.
  • Dans certaines cultures, il est parfois attendu que les femmes et les filles se marient à un jeune âge, et les catastrophes climatiques peuvent exacerber cette tendance en rendant plus difficile pour les familles de subvenir à leurs besoins. Ça peut mener à des mariages très jeunes ou forcés, ce qui a des impacts sur l’éducation des filles, leur santé et leur bien-être général.
  • Le changement climatique et les autres catastrophes écologiques peuvent aussi mener à des déplacements de population, ce qui a un impact particulièrement négatif pour les femmes et les filles. Lorsqu’elles sont contraintes de fuir, elles risquent davantage de subir des violences basées sur leur genre, et rencontrerons aussi plus de difficulté à avoir accès à une éducation, à des soins, ou d’autres services basiques.

On s’est aussi engagées dans d’autres activités, par exemple les grèves en ligne de Youth for Climate, chaque vendredi, des plantations d’arbres, ou l’organisation de grèves en ligne contre les violences de genre.

Et à côté, on a lancé l’initiative « 1 million de serviettes hygiéniques réutilisables ».

Le but est de donner des protections menstruelles réutilisables et éco-friendly aux femmes et filles de communautés marginalisées, pour mettre fin au tabou des règles et à la précarité menstruelle*. Tout ça en protégeant l’environnement, puisque les protections qu’on distribue ne contiennent pas de plastique.

Ça nous a permis d’aider de nombreuses jeunes filles à ne pas décrocher scolairement, ce qui a ensuite éviter d’autres effets négatifs comme les mariages d’enfants, pour leur donner un avenir prometteur et les mêmes opportunités que les garçons.

On est heureuses de voir que de plus en plus de jeunes s’engagent pour une société meilleure !

Ta réaction

Tu penses quoi du témoignage de Joan et Clare ?

Suis Joan et Clare sur leurs réseaux pour découvrir le reste de leur action :

Précarité menstruelle : Le fait de ne pas avoir assez d’argent pour pouvoir se procurer des protections hygiéniques. Ça peut mener à des problèmes de santé, mais aussi conduire les filles à louper l’école ou les femmes à ne pas pouvoir travailler.

Envie de découvrir un nouveau témoignage ? Clique ici !