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Pourquoi les collections écolos de fast-fashion... ne le sont pas

La mode, c’est chaque année :
  • 56 millions de tonnes de gaz à effet de serre
  • 1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre
  • 8 milliards de tonnes de gaz à effet de serre

Et c’est sans compter tous les autres impacts :

  • La conso d’eau et de pesticides pour faire pousser le coton 💧
  • La conso d’énergies fossiles pour créer des matières synthétiques 🪡
  • Les produits chimiques utilisés dans les processus de fabrication 🧪
  • Les micro-plastiques qui se barrent dans l’océan à chaque lavage… 🧼

Tout le monde aimerait que ses vêtements polluent moins. Résultat, la plupart des marques de fast-fashion* ont aujourd’hui leurs lignes « conscious » ou « eco-friendly », qu’elles présentent souvent comme étant réalisées avec des matières plus écolo ou recyclées. Et c’est vrai que les avantages de la fast-fashion sans ses travers : c’est plutôt tentant sur le papier 😌

Mais en vrai, difficile d’affirmer que ces collections font moins mal à la planète que le reste du magasin…

Argument n°1 : Il suffit pas que les marques disent être écolo pour qu’elles le soient 😬

Le truc, c’est qu’il suffit pas que les marques le disent pour qu’elles le soient 😬

D’après Marie Nguyen, de We Dress Fair, mieux vaut ne pas trop se fier aux labels qui sont utilisés par les marques de fast-fashion : ils peuvent avoir été inventés par la marque elle-même, ou avoir été acheté ! (#chocked)

Même quand les matières utilisées sont dites « naturelles », il faut se méfier.

« Par exemple, certaines marques vantent la viscose comme produit “naturel”. C’est vrai que c’est issu de fibres de bois, mais sa fabrication pollue. »
Marie Nguyen

Autre exemple : des vêtements présentés comme étant en coton bio, alors qu’ils n’en contiennent que 20% → Et sur le 80% qui restent, c’est pas gagné que ce soit vraiment des matières bonnes pour la planète.

Argument n°2 : Même si les vêtements sont faits en matière recyclée, ce n'est pas forcément mieux.
Dans le monde, quelle part des vêtements est recyclée ?
  • 1%
  • 10%
  • 30%

Le recyclage des matières textiles en même temps, c’est un peu compliqué :

  • Le processus raccourcit énormément les fibres.
  • Pour pouvoir quand même en faire quelque chose, il faut mélanger des fibres recyclées naturelles et synthétiques.
  • Quand les matières sont mélangées, ce n’est plus possible de les recycler.

Pour éviter ce problème de mélange et dire qu’il est possible de recycler leurs vêtements, certaines marques font des collections en 100% matière naturelle (par exemple en lin). Sauf que (sinon c’est pas drôle) : « Les circuits de recyclage sont rarement vraiment mis en place par ces marques, et en plus les entreprises qui s’en occupent sont déjà saturées », explique Marie. Donc si les vêtements à recycler continuent d’arriver sur le marché, ces entreprises qui recyclent continuent à être saturées 🤷‍♀️

Argument n°3 : Écolo ou pas, le vrai problème reste la surconsommation et la surproduction.
Combien de vêtements sont produits par an dans le monde ?
  • 1 milliard 👖
  • 10 milliards 👖👖
  • 10O milliards 👖👖👖

À ce niveau-là, peu importe que certaines collections soient un peu plus écolo que les autres :

« Zara c’est 32 collections par an. Shein c’est 102 collections par an. Donc on ne peut pas dire “vas-y achète de la fast-fashion éco-responsable, ça va changer le monde”, ce n’est pas vrai. »
Marie Nguyen
Argument n°4 : Quand une marque fait des trucs écolos sans changer le reste de la production, c'est du greenwashing.

Après on peut croire à la bonne intention 🤠 « Au moins on parle du problème, mais c’est quand même assez hypocrite de leur part », explique Marie.

Le greenwashing en matière de mode, d’après We Dress Fair, ça peut être :

👉 Mettre du vert ou des paysages de nature partout pour donner l’impression que c’est écolo.
👉 Indiquer les fameux faux labels évoqués plus haut et qui sont inventés par la marque.
👉 Utiliser des mots qui font penser à la nature ou à l’innocence, comme « fait avec amour » ou « naturellement vôtre ».

En plus, ça peut aussi être vu comme une manière de détourner l’attention des vraies solutions pour que la mode soit durable, mais qui remettraient vraiment en cause l’existence des marques de fast-fashion, selon Marie.



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🧐 On fait quoi ?

Acheter des vêtements de fast-fashion vendus comme éco-friendly, c’est déjà ça ! Mais toujours possible de faire mieux :

👉 Est-ce que j’en ai vraiment besoin ?
👉 Est-ce que je peux le trouver en seconde main ?
👉 Est-ce que je peux le trouver chez une marque vraiment éthique ? (Le problème ici : le prix 💸 Les collections éthiques sont souvent chères, mais ça peut aussi conduire à acheter moins justement !)

  • Et à l’échelle des marques ou de la société ? Dans son rapport sur « Une nouvelle économie du textile », la fondation Ellen Mac Arthur propose notamment de :

👉 Se passer des matières premières nocives pour la santé ou l’environnement (et donc développer l’usage de celles qui ont un impact moins important).
👉 Changer de modèle économique, pour éviter de jeter des vêtements sans arrêt (et donc proposer la location de vêtements, en fabriquer des + durables…).
👉 Recycler beaucoup plus (et donc mettre en place de vraies chaînes de collecte et de réemploi, développer des technologies pour recycler mieux…).
👉 Utiliser des ressources renouvelables, donc byebye les énergies fossiles pour produire les matières synthétiques par exemple (prendre en compte le coût écologique des ressources non renouvelables pourrait aider).

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🔍 Dico

Fast-fashion : Ce terme désigne un pan de l’industrie de la mode qui produit des vêtements à bas coût, en grande quantité, et souvent de mauvaise qualité. Bref, un peu l’équivalent de la fast-food, mais pour les vêtements.

👀 Sources

We dress fair - Les collections éco-responsables
We dress fair - L’impact de la mode
We dress fair - La viscose
Fondation Ellen Mac Arthur
Libération
ADEME

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Esther Meunier
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