Comment réduire la pollution microplastique des océans (à ton échelle)

5 min
Pauline Vallée
🤝 En partenariat avec Surfrider Foundation Europe

Le microplastique, c’est quoi ?

À ton avis ?
  • Un plastique qui aime le karaoké
  • Un tout petit plastique


D’où ça vient ?

  • Les microplastiques « primaires » sont ceux qui existent déjà de base sous cette forme, et qui se retrouvent donc directement dans l'environnement (air, eau) quand on les jette. C’est le cas des microbilles de plastique qui sont intégrées dans les cosmétiques par exemple (mais on va en reparler après).

  • Les microplastiques « secondaires » viennent, eux, de la dégradation/transformation de plastique plus gros. Quand ceux-ci s’abîment, ils se décomposent en morceaux plus petits, etc, etc, ce qui finit par produire des micro-déchets → c’est le cas des pneus à force de frotter la route. Le vent, la pluie… vont ensuite transporter ces microplastiques dans les océans !


Où est-ce qu’on trouve du microplastique ?

Un peu partout 😷 Il peut y en avoir dans ta crème de jour (oui oui, le truc que tu mets sur ta peau tous les matins), ton vernis, tes produits ménagers, tes médicaments… Mais aussi, à plus grande échelle, dans les matériaux de construction, les peintures…

Sous sa forme secondaire, le frottement des pneus de voiture ou de vélo est la première source de pollution microplastique ! Mais on en rejette aussi en lavant en machine des vêtements fabriqués à partir de fibres plastiques par exemple.

Il est tellement partout qu’on on en a même trouvé dans :
  • Le sang humain
  • Le placenta humain
  • Le poumon humain


Comment réduire la pollution microplastique au quotidien ?

Moins consommer de plastique (la base)

C’est le meilleur moyen de réduire les déchets microplastiques secondaires (qui viennent de la dégradation d’objets plus gros, pour rappel). Le plastique est encore mal recyclé en France (28% des emballages seulement) → donc éviter au max d’en consommer, c’est éviter au max qu’ils se retrouvent dans l'environnement, et qu’ils se transforment en micro-déchets.

Un seul masque chirurgical abandonné peut relâcher dans l'eau :
  • 173 000 microplastique en une journée
  • 173 000 microplastique en une semaine
  • 173 000 microplastique en un mois

Moins rouler en voiture

On l’a dit plus haut : le frottement des pneus (de voiture, de vélo…) sur la route libère des petites particules de plastique dans l'air. Le seul moyen de réduire cette pollution est de réduire l’utilisation de la voiture :

  • Soit en la remplaçant par un autre mode de transport (comme le train ? 👀)
  • Soit en partageant tes déplacements → covoiturage, transport en commun…

Dire ciao aux vêtements synthétiques

Pendant leur passage en machine, ils relarguent des microplastiques qui partent ensuite dans les eaux usées, puis dans les centrales d’épuration (où ils passent à travers les mailles du filet), puis dans la mer. Plutôt que le polyester, privilégie plutôt les vêtements en fibres naturelles, comme le coton (bio), le lin, la laine… Mais surtout, il faut consommer moins de vêtements tout court, parce que ces fibres naturelles ont aussi un impact sur la planète (on t’explique ici comment choisir les matières les plus écolo).

Attention en les lavant

Pour limiter les frottements en machine, tu peux choisir un cycle doux et laver tes vêtements synthétiques dans une pochette spéciale. Certaines machines à laver sont aussi équipées de filtres censés enlever les microplastiques de l'eau. Mais on manque encore de données scientifiques pour savoir si ces solutions sont vraiment efficaces.

Bien choisir les cosmétiques que tu achètes

Attention au greenwashing, c’est pas parce que le packaging est épuré/en verre que le produit à l'intérieur ne contient pas de microplastique 😬 N’hésite pas à checker la compo : s’il contient des éléments qui se terminent en -one/-oxane/-cellulose, qui commencent par poly-, ou des acronymes type PPG ou PEG, c’est mauvais signe.

Utiliser une appli de tracking

L’appli Beat the microbead (attention, tout est en anglais) te permet de scanner directement ta crème et de savoir si elle contient ou pas des microparticules de plastique. Il suffit de prendre en photo la liste des ingrédients et d'appuyer sur « Scan ingredients » : l'appli fait tout le travail d'analyse à ta place !

Faire ses propres cosmétiques

La solution McGiver : plutôt que d’acheter un truc industriel, tu peux fabriquer ton propre gommage ou shampooing ! Comme ça tu sais exactement ce qu’il y a dedans. Bon évidemment, faut pas non plus faire n’importe quoi. On te recommande les recettes de Surfrider Ocean Campus.


Et à plus grande échelle ?

T’auras beau faire des efforts de ton côté, un peu compliqué de réduire cette pollution sans que les industriels et les États se bougent aussi. Les premiers pourraient arrêter d’intégrer du plastique dans les formules et les packaging de leurs produits, concevoir des pneus plus résistants...

Les seconds peuvent changer la réglementation pour :

  • Exiger plus de transparence dans la composition et rendre cette info plus accessible → que tu puisses savoir en un coup d'œil si un produit contient ou non des particules microplastiques.

  • Interdire carrément la présence de microplastiques → Au niveau européen, le comité d'analyse socio-économique a proposé en 2020 de les interdire dans les cosmétiques, les détergents, les engrais et la pelouse artificielle des terrains de sport. En France, les microbilles sont déjà interdites dans certains cosmétiques depuis 2018 🙌

  • Faciliter la récupération des microplastiques → la loi française prévoit par exemple que les machines à laver neuves devront toutes être équipées d’un filtre à microfibres de plastique (ou équivalent) à partir de 2025.

  • Investir pour développer des alternatives plus écologiques.

  • Changer de modèle en sortant de la société de consommation, qui est fondée sur le acheter / jeter / racheter → promouvoir plutôt un modèle d’économie circulaire, où on cherche à moins consommer, où on donne une seconde vie aux objets…
Recyclable, ce plastique ? Le truc pour ne jamais se tromper

👀 Sources

Interview de Diane Beaumenay-Joannet, chargée de mission chez Surfrider Foundation Europe
Surfrider Foundation Europe - Les microplastiques : la pollution invisible de l'Océan
Surfrider Foundation Europe - Break the plastic wave
Ocean Campus - Microplastique, tout ce qu’il faut savoir
ADEME - Le paradoxe du plastique en 10 questions
European Chemicals Agency
AFP

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Pauline Vallée
Voisine de Totoro