T'aimes la nature et l'art ? Bonne nouvelle : le land art existe !

5 min
Nicolas Quénard

C’est quoi le land art ?

Le land art, ça peut être :
  • Dessiner sur le sable
  • Faire un mandala en feuilles d’arbres
  • Empiler des pierres


Pourquoi c’est plutôt cool

  • Pour te reconnecter à la nature de manière artistique
  • Pour donner un aspect créatif à ta balade en forêt
  • Pour t’occuper à la plage
  • Pour faire passer un message (prendre soin de la planète, au hasard !)
  • Tout le monde peut en profiter et c’est à la portée de tou·tes !

Bon, après y a une règle pas méga pratique : les oeuvres doivent être éphémères.

Du coup, si tu veux en voir, il faut te rendre sur place avant que l'œuvre ne disparaisse (t’en trouveras très peu voire pas du tout dans les musées). Après, tu peux aussi les voir en photo ou en vidéo dans les expos spécialisées sur le sujet. T’auras un peu moins l’effet wahou mais c’est toujours ça 🥲


Quelques œuvres de land art un peu folles

  • Spiral Jetty, par Robert Smithson (1970) : C’est l'œuvre la plus connue du chef de file du land art. Imagine, une énorme spirale de 457 m de long (c’est à peu près la taille de 4 terrains de foot) au bord du Grand Lac Salé dans l’Utah aux États-Unis. Créée uniquement avec de la boue, des cristaux de sel, de la roche et du bois. Il a fallu 6 jours de travail et plein plein de tractopelles pour creuser la terre et réussir à dessiner la spirale (sacré chantier !).

  • Sun Tunnels, par Nancy Holt (1973) : C’est la femme de Robert Smithson. Elle est allée en pleine zone désertique dans l’Utah et a disposé des énormes tubes de béton en « X » pour qu’au solstice d’hiver et d’été, les levers et couchers de soleil dessinent 4 constellations d’étoiles 🤩

  • The lightning field, par Walter De Maria (1977) : L’artiste a carrément voulu « dompter l’indomptable » en plantant plus de 400 poteaux en acier inoxydable dans le désert du Nouveau-Mexique. Son objectif : attirer la foudre et créer un véritable champ d’éclairs (rien que ça !).

  • A line made by walking, par Richard Long (1967) : C’est l'œuvre de land art avec la vision la plus écologique qui soit. L’artiste a simplement tracé une ligne dans un champ avec ses pieds pour montrer que l’humain laisse une empreinte sur son passage, mais que la nature l’absorbe, puis l’efface (efficace !).

  • Tree Mountain, par Ágnes Dénes (1996) : Le projet de cette artiste hongroise est trop cool et complètement dingue à la fois ! En fait, elle travaille surtout sur la réhabilitation de l’environnement et à l’occasion du Sommet de la Terre en 1992 à Rio de Janeiro, elle a créé une immense colline artificielle où 11 000 arbres ont été plantés en spirale ! L’oeuvre est même protégée par le ministère de l'environnement finlandais pendant 400 ans pour être montrée aux générations futures 👏

👉 De moins en moins d’artistes s'adonnent au land art : ils ont beaucoup de mal à trouver des investisseur·euses pour financer leurs œuvres qui coûtent cher et qui ne vont pas durer.


Est-ce que c’est écolo ?

À la base oui. D’après Marjorie Brogat, professeure d’histoire de l’art à BRASSART Grenoble, le land art doit être pratiqué « dans la nature, avec la nature et pour la nature ». Mais au fil des années, le mouvement s’est confronté à 2 limites :

  • Il a été récupéré par les musées ce qui nuit à l’essence même du mouvement → c’est-à-dire une œuvre créée au cœur de la nature et éphémère. « On ne devrait pas voir de land art dans un musée. C’est comme le street art, il devrait être vu dans la rue », explique Mme Brogat.
  • Beaucoup d’artistes ont oublié le rapport à la nature dans leurs créations et l’ont parfois détérioré uniquement dans un but esthétique :
    • En utilisant des matériaux qui ne sont pas biodégradables (Cristo a créé la polémique en emballant le contour d’une île avec du plastique rose…)
    • En modifiant le paysage originel ce qui peut avoir de graves conséquences sur la biodiversité environnante (quelles espèces vivent à cet endroit ? Quelles plantes y poussent ?)
On se retrouve en compète de châteaux de sable cet été ?
  • J’en suis
  • Pas sûr·e
  • Jamais

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😎 T’en veux plus ?

  • Troublemakers : The Story of Land Art (2015) par James Crump → c’est un documentaire qui revient de manière chronologique sur l'histoire du land art dans les années 1960 et 1970.
  • Rivers and Tides (2001) par Thomas Riedelsheimer → c’est un film qui parle de la vie d’Andy Goldsworthy, un artiste britannique qui a créé plein de sculptures à partir de matériaux naturels.
  • Un art amoureux de la nature : le land art et ses mutations (2020) de Muriel Berthou-Crestey → ce livre contient une dizaine d’entretiens avec des artistes contemporain·es du land art pour mieux comprendre comment ils et elles ont assimilé les pratiques du mouvement pour ensuite mieux explorer d’autres pistes.
  • Chaque année, plusieurs festivals de land art sont organisés partout en France. En cherchant un peu sur les Internets, tu pourrais être surpris·e d’apprendre qu’il y en a un juste à côté de chez toi !
Faut-il plus intégrer la crise écologique dans la pop culture ?

👀 Sources

Interview de Marjorie Brogat, professeure d’histoire de l’art à BRASSART Grenoble
Cairn - La terre comme substance ou le Land Art, Éliane Elmaleh (2002)

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Nicolas Quénard
The Lizard King