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Bilan de ce qu'il faut retenir de la COP15 sur la biodiversité

La COP15 s’est clôturée dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 décembre à Montréal où se tenaient les dernières négociations de cette grosse réunion internationale. Objectif : décider comment l’humanité va arrêter de détruire le monde vivant autour d’elle (rien que ça) 💪

L’accord final (aka l’accord de Kunming-Montréal) tient en une phrase : il y a du bon (un accord pour la biodiversité assez ambitieux…) et du moins bon (... qui manque de garanties et de moula pour devenir applicable). Bref, on te fait le bilan 👇

Protéger 30% des surfaces marines et terrestres d’ici 2030

Ou l’objectif 30x30 de son ptit surnom : c’est un objectif ambitieux qui vise à permettre de protéger une grosse partie de la biodiversité de la planète.

La bonne nouvelle c’est qu’il a bien été retenu dans l’accord final : alors que seulement 17% des zones terrestres et 10% des zones marines sont officiellement protégées aujourd’hui, 30% devront l’être d’ici 2030 (et 30% des espaces dégradés devront aussi être restaurés) !

Et la bonne nouvelle bis, c’est que l’accord reconnaît aussi les droits des peuples autochtones, en particulier sur leurs territoires. Ça devrait permettre d’éviter des violations de leurs droits humains, même si les peuples autochtones et des organisations de défense de leurs droits espéraient que les leurs territoires puissent directement être comptés dans les 30%, ce qui aurait été une garantie supplémentaire.

La moins bonne nouvelle c’est que les critères pour définir ce qu’est une aire protégée ne sont pas précis, et ça laisse craindre à certaines ONG comme Bloom un objectif joli sur la papier mais pas efficace en réalité, comme le sont actuellement les aires marines protégées en France toujours selon l’association qui estime que l’on peut pêcher dans 99,9% des eaux françaises.

COP15 : réduire de moitié le risque lié aux pesticides

Petit rappel : un pesticide est un produit qui sert à lutter contre des organismes vivants (plantes, animaux, champignons…) → plus particulièrement, dans l’agriculture, pour protéger les cultures. Ces substances sont massivement utilisées dans le monde : 2,7 millions de tonnes de pesticides rien que sur l’année 2020 par exemple (c’est l’équivalent de 1,8 kg de produit par hectare de terre cultivée !).

L’accord final prévoit de réduire de moitié au moins le risque lié à l’utilisation de ces pesticides d’ici 2030. Le mot « risque » (plutôt que « quantité ») est important : tu pourrais très bien utiliser moins de pesticide mais faire plus de mal à l’environnement, en utilisant des produits plus puissants.

Autre avancée du texte : l’obligation de réduire de moitié au moins l’excès de nutriment d’ici les 8 prochaines années. Ça concerne par exemple les engrais azotés qui, utilisés en trop grande quantité pour fertiliser les cultures, provoquent (entre autres) une pollution de l’eau aux nitrates → une des causes de la fameuse pollution aux algues vertes sur des plages en Bretagne.

Et comment on finance la protection de la biodiversité ?

Pendant toute la durée de la COP15, la question des moyens financiers (aka la moula) a fait l’objet de tensions. En gros, ça a pas mal clashé parce que les pays du Nord refusaient de donner des subventions (pour restaurer la biodiversité) aux pays du Sud sans garantie que cet argent serve à financer des objectifs ambitieux.

Finalement, un compromis a été trouvé :

  • À partir de 2025, une aide de 20 milliards de dollars par an
  • À partir de 2030, une aide de 30 milliards de dollars par an

C’est nettement plus que les 10 milliards déjà donnés, mais beaucoup moins que les 100 milliards demandés par les pays en voie de développement. La République Démocratique du Congo a même posé son veto au dernier moment pour dire qu’elle n’était pas trop dac mais la présidence chinoise de la COP15 est passée en force et a quand même adopté l’accord (en vrai ça se fait pas) 🤭

Par ailleurs, ce nouvel accord prévoit que l’ensemble des financements (publics, privés, nationaux, internationaux) dédiés au vivant atteigne 200 milliards de dollars/an d’ici 2030. Mais selon l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), les estimations (hautes) du montant pour sauver la biodiversité oscilleraient entre 600 et 823 milliards de dollars/an (c’est pas encore ça…).

Autre sujet de tension : quel sera le moyen le plus efficace de distribuer toutes ces aides ? Les pays du Sud souhaitaient la création d’un fonds dédié mais l’Union Européenne n’était pas maxi chaude. Du coup, l’assemblée a encore une fois dû trouver un compromis → créer un fonds dédié au sein d’une structure déjà existante, le Fonds mondial pour l’environnement.

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Accord final COP15
Vert le média - COP15 : un accord ambitieux pour enrayer l’effondrement du vivant
France Info - COP15 biodiversité : aires protégées, pesticides, aides financières... Voici ce qu'il faut retenir de l'accord Kunming-Montréal
France Info - A la COP15 biodiversité, l'Union européenne très isolée sur la réduction des pesticides
FAO - Pesticides use, pesticides trade and pesticides indicators (1990-2020)

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Esther Meunier
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